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En ce début de mois de Juillet 1944, cela fait, jour pour jour, une semaine que l'Oberleutnant Ernst von Kurtlein se trouve à Paris. Pour être plus précis, cela fait maintenant un peu plus de quatre mois qu'il a quitté la violence des combats sur le front de l'Est. Suite à une grave blessure, la perte de son oeil gauche, et à des troubles psychologiques, sequelles causées lors de son dernier engagement en territoire Soviétique, cet officier est parti en convalescence. Cet affrontement a été d'une rare sauvagerie...
Engagé, quatre mois plus tôt, avec la 2.Batterie, I.Abteilung, Artillerie-Regiment.21 de la 21.Infanterie-Dvivsion, comprenant quatre pièces de 105mm (18 (M) Leichte Feld Haubitze), afin d'appuyer la progression de deux compagnies d'Infanterie en direction d'une petite localité proche de Pleskau, au Nord-Ouest de la Russie, à 20 km de la frontière Estonienne, la situation est vite devenue un véritable enfer.
C'est à proximité de cet anodin village que les 2. et 3.Kompanie de l'Infanterie-Regiment.24 ont été stoppées net dans leur avancée, en subissant un terrible tir de barrage d'armes automatiques Russes, depuis cette même bourgade et ses alentours. Impossible pour ces malheureux soldats, littéralement cloués sur place, de se dégager, les tirs venant de toute part. C'est à ce moment là, que les Soviétiques, profitant de la situation, décidèrent de déborder leurs adversaires par la droite, avec quatre Compagnies d'Infanterie et un Escadron de Cavalerie montée. En quelques minutes, l'aile gauche du dispositif Allemand fut enfoncé, prenant à revers la 2ème Batterie. C'est ainsi que pour la première fois, les artilleurs se sont retrouvés face à des cavaliers Russes chargeant sabres au clair. Pour l'Oberleutnant von Kurtlein, tout s'est alors passé très vite...Il y a eu des déflagrations, des détonations répétées, des hennissements, des hurlements, des soldats qui se sont battus au corps à corps, des membres déchiquetés, sectionnés, une énorme explosion, puis plus rien...Le noir complet, et une terrible douleur à la tête.
Le réveil s'est fait une semaine plus tard, dans un hôpital Lituanien à Vilnius, avec toujours cette douleur lancinante. C'est dans ce lieu qu'il a appris que son unité avait été entièrement décimée par les bolchéviques. Seuls trois servants avaient pu en sortir indemnes...C'est là aussi, qu'on l'informa qu'il avait définitivement perdu son oeil gauche. D'après les rumeurs, lui ne se rappelait de rien, ceci étant probablement dû à une amnésie partielle, il s'était battu avec frénésie, durant l'engagement, causant de très lourdes pertes aux "Ivans". C'est l'explosion d'une grenade Russe, lancée à quelques mètres de lui, qui l'aurait mis hors de combat. Et puis la période des soins et de la convalescence s'est installée. Pendant cette phase de rétablissement, il fut transféré deux fois vers des hôpitaux toujours plus proche de l'Allemagne. Apparamment les Russes s'étaient réveillés et reprenaient tout le terrain perdu depuis Juin 1941, causant de plus en plus de victimes parmi les forces de l'Axe. Cette convalescence fut particulièrement difficile tant sur le plan physique que sur le plan psychique, car il s'agissait d'une longue et lente guérison, avec un visage à jamais mutilé...Presque quatre mois entier d'hospitalisation...Finalement, après que les médecins se soient assurés qi'il était apte à reprendre du service, et en accord avec la hiérarchie de son unité, la 21.Infanterie-Division, il fut décidé qu'il prenne 15 jours de permissions sur Paris. Officiellement c'était pour le remercier des services rendus à l'Allemagne, mais officieusement c'était pour lui faire changer les idées, avant qu'il ne reparte sur le front de l'Est.
En cette fin de première semaine de congé dans Paris, Ernst von Kurtlein se rend à une réception présidée par le Commandeur de la capitale Française, le Général von Choltitz lui-même. Après s'être renseigné, Erich a appris, de source non-officielle, qu'on allait lui remettre, lors de cette soirée, la Croix de Chevalier de la Croix de Fer, et la Médaille des Blessés en Or. A dire vrai, cette nouvelle ne l'a pas vraiment surpris...
En effet, SA guerre il l'a débuté en 1938 dans la Légion Condor, durant la Guerre d'Espagne. C'est là-bas qu'il a remporté la Croix d'Espagne en Or avec épées. Après il y a eu la Campagne de Pologne, l'invasion du Luxembourg, la Campagne de France et l'Opération Barbarossa...C'est sur le front Russe qu'il a remporté ses plus belles victoires. Comme pendant l'hiver 1942-43, lorsqu'il a détruit, à lui seul et par ses propres moyens, deux blindés Soviétiques: Un KV-1 et un T-34/76. Il n'oublie pas non plus un combat particulièrment difficile, en Février 1943, près du lac Ladoga, au sein même des pièces d'artillerie Allemandes, qui s'est terminé à la baïonnette, et les autres faits d'armes tout aussi exceptionnels...Alors ce soir, si on lui décerne la Croix de Chevalier de la Croix de Fer, c'est amplement mérité.
Pour cette grande soirée, notre Oberleutnant porte la schirmütze, dénotant quelque peu avec le reste de la tenue, une chemise blanche, un pantalon d'Officier, et une vareuse modèle 1936 arborant l'ensemble de ses décorations, durement gagnées. A noter le port du ceinturon à double ardillons en cuir fauve. Pratique peu répandue durant cette période de la guerre.
N'étant pas très habitué de ces soirées mondaines, Ernst a cru bon de prendre son cartable, comme s'il se rendait à une réunion de commandement...
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