|
|
|
A la fin de l'année 1944, la forêt de Hürtgen est tenue par une partie de la 7.Armee du General der Panzertruppen Erich Brandenberger, sous la tutelle du Heeresgruppe B du Generalfeldmarschall Walter Model. Deux Corps d'Armées sont chargés de la défense du Hürtgenwald. Dans le Nord, il s'agit du 81.Armee Korps du General Schack, fort de quatre divisions, qui couvrent notamment Aix-la-Chapelle et dont seule la plus méridionale, la 353.Infanterie-Division, tient une partie de la forêt. Plus au Sud, le corridor de Monschau, étroit et partiellement coupé par de vallées profondes, est défendu par la 89.Infanterie-Division du 74.Armee Korps.
Le but de la défense de ces quelques arpents de forêts, de vallées encaissées et de plateaux balayés par les vents, est de protéger à tout prix la ville de Düren, passage obligé vers Cologne et la vallée du Rhin. Et surtout de fixer sur place le maximum de troupes Américaines afin de regrouper au mieux les éléments nécessaires à l'offensive prévue dans les Ardennes en Décembre.
Le 19 Septembre 1944, le 60th Infantry Regiment est lancé dans la forêt, avec Hürtgen comme objectif. Il attaque avec deux bataillons en ligne. Pendant trois jours, les Américains lancent assaut sur assaut, mais ne parviennent pas à rompre les défenses adverses. L'attaque doit être suspendue.
Au début du mois d'Octobre, le Général Collins, commandant le 7th Army Corps, ordonne à la 9th Infantry Division de percer les lignes Allemandes dans la forêt de Hürtgen. Cette unité lance dans la bataille deux de ses régiments, le 39th Infantry Regiment au Nord, qui doit prendre Germeter, Vossenack, et Schmidt et le 60th Infantry Regiment au Sud, qui doit d'abord nettoyer le Todtenbruck puis prendre Simonskall dans l'étroite vallée du Kall. En face, se trouve la 275.Infanterie-Division qui vient d'entrer en ligne. Elle est forte de 7 000 hommes, soutenus par 14 obusiers et 6 Sturmgeschütz.
L'offensive débute le 6 Octobre. Dès le premier jour la progression est très lente. Un poste avancé Allemand bloque une partie du 39th Infantry Regiment pendant une semaine entière !!!
Le 10 octobre, ce même régiment s'empare de Germeter sans trop de difficulté, les Allemands l'ayant évacué. Mais le village voisin, Vossenack, a été transformé en véritable bastion. Le 11 au matin, un bataillon du 39th Infantry Regiment ayant entouré la localité par le Nord sans se faire repérer, s'apprête à attaquer, lorsque la 275.Infanterie-Division lance une contre-attaque surprise. Vu l'ampleur de l'offensive Allemande, et la confusion provoquée dans les lignes Alliés, le Commandement Américain est contraint de rappeler le bataillon.
La 9th Infantry Division perd au total dans ces différentes actions, à travers la forêt, plus de 4 000 hommes pour des pertes Allemandes estimées à 3 000 hommes environ...
La chute d'Aix-la-Chapelle, le 21 Octobre, libère de nombreuses unités Américaines et Hodges décide de lancer le 7th Army Corps de Collins vers la Rur et vers le Rhin.
Mais au préalable, il veut que le village de Schmidt soit capturé. Afin de ne pas affaiblir l'unité de Collins avant son intervention, il confie la prise de Schmidt au 5th Army Corps de Gerow, qui met en ligne la 28th Infantry Division.
Comme l'offensive du 7th Army Corps doit débuter le 5 Novembre, la 28th Infantry Division doit attaquer avant, en l'occurrence le 2, quel que soit le temps. Celui-ci est d'ailleurs si mauvais que le 1er Novembre l'offensive de Collins est reportée au 10. Malheureusement personne ne s'occupe de la 28th Infantry Division, qui attaquera donc seule, sur toute la longueur du front Américain entre les Pays-Bas et Metz, soit près de 300 kilomètres.
Le plan Américain est curieux, car la division lance ses régiments dans trois directions différentes: Le 110th Infantry Regiment vers le Sud, le 109th Infantry Regiment vers le Nord et le 112th Infantry Regiment vers l'Est, au centre du dispositif, avec la tâche principale, c'est-à-dire la capture de Vossenack puis de Schmidt.
En face les Allemands alignent trois petits régiments de la 275.Infanterie-Division:Les 983.Infanterie-Regiment, 984.I.R et 985.I.R.
Le 109th Infantry Regiment est chargé de s'emparer des bois situés au Nord de Hürtgen. Le 2 Novembre, l'attaque du bataillon de gauche progresse dans les bois, mais le bataillon de droite, à découvert le long de la route est bloqué au bout de 300 mètres par un champ de mines protégé par des mitrailleuses. Il est décidé de le contourner en passant par les bois le 3 Novembre, mais les Allemands lancent une contre-attaque qui cause une terrible confusion dans les rangs Américains. La lutte se poursuit sans issue pendant plusieurs jours. Les Américains s'accrochent au saillant d'environ 1 500 mètres qu'ils ont créé dans la forêt le premier jour, mais ne peuvent l'agrandir, même avec l'intervention du bataillon de réserve, car les Allemands eux aussi ont reçu des renforts, en l'occurrence, le Panzergrenadier Regiment 60 de la 116.Panzer-Division.
En apprenant que les Américains ont réussi une percée à Schmidt, Model envoie sur les lieux la 116.Panzer-Division.
Le Panzergrenadier Regiment 60 est envoyé à Hürtgen, le Panzergrenadier Regiment 156 à Vossenack, tandis que le Panzer Regiment 16 est lancé contre Schmidt avec 25 chars, où il attaque avec le soutien de l'Infanterie-Regiment 1055.
La contre-attaque Allemande peut démarrer...
Le groupe d'Otto se réapprovisionne en munitions, dans une clairière au coeur de la forêt de Hürtgen, avant un prochain assaut contre des positions tenues par des GI's. D'où la présence de caisses de grenades à manche, de caisses de munitions pour MG42,...
Notre homme fait office de second pourvoyeur pour un tireur de MG42.
Les conditions climatiques étant difficiles, Otto a revêtu un pull à col roulé sous sa vareuse M.43, et a passé par dessus son pantalon feldgrau, un sur-pantalon à camouflage éclats à bords flous. A noter l'ajout, autour du canon de son fusil semi-automatique Gewehr 43, d'un morceau de tissu blanc, dans le but de mieux dissimuler son arme. En effet, à cette période la neige est présente en quantité abondante dans cette région. Le treillage du casque est une confection personnelle. Un malheureux poulailler en a fait les frais...Pour le prochain combat, notre panzergrenadier a préféré retirer son long manteau feldgrau.
Au moment où Otto commence à sortir les bandes de munitions pour MG42 de leurs caisses, un bruit suspect se fait entendre à la lisière de cette petite éclaircie d'arbres. Immédiatement, tous les hommes du groupe braquent leurs armes (Maüser kar 98k, pistolet-mitrailleur MP40, Sturmgewehr MP44, etc...) dans la direction d'où provient le bruit.
Les panzergrenadiers auraient-ils été découvert par une unité Américaine ???
Approfondir le sujet avec les sources documentaires:
Militaria Hors-Série n°60 "La fin de l'Allemagne - 1.La bataille d'Aix-la-Chapelle" [Editions Histoire&Collections]
|