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A quatre heures du matin, le 16 Décembre 1944, le SS-Obersturmbannführer Joachim Peiper met en route son Kampfgruppe. Sous les ordres de cet officier de moins de trente ans, combattent près de 5 000 hommes. Peiper emmène avec lui un des deux bataillons de son régiment de Panzers avec 60 "Panther" et 60 Panzer IV, un bataillon de grenadiers à cinq compagnies de combat, un groupe d'artillerie à trois batteries, trois compagnies de sapeurs, un détachement de reconnaissance avec ses automitrailleuses et ses motocyclettes, et une unité de Flak antiaérienne, qui appartient à la Luftwaffe. Il s'y ajoute une arme redoutable: Le bataillon lourd 501 du Ier Panzer-Korps avec ses 45 "Tigres royaux"...
Au soir du 16 Décembre, Peiper est bloqué aux environs de Lanzerath, gêné à la fois par les embouteillages et par l'Oberst von Hoffmann, commandant les paras du Fallschirmjäger-Regiment.9, peu désireux d'avancer sans soutien d'artillerie.
A partir de minuit, le Kampfgruppe Peiper quitte le village et s'engage dans les petites routes de forêt par une nuit profonde. Le village suivant, Buchholtz, est capturé sans coup férir par les parachutistes qui précèdent Peiper.
Totalement surpris par cette attaque en plein coeur de la mauvaise saison, les Américains ne peuvent endiguer les premiers assauts. Waffen-SS, parachutistes, tous progressent, pataugeant dans la neige fondue.
Voici à l'orée d'un village, près d'un chariot renversé, les premiers cadavres de soldats Américains. Un instant, des hommes s'arrêtent pour changer leurs chaussures éculées contre les "Rangers" flambant neuves des tués. En courant, ils rejoignent la colonne. L'étui métallique du masque à gaz tape contre la gamelle et les longues bandes de mitrailleuses pèsent sur les épaules. Pour se protéger du froid et de la pluie glaciale, ils portent en chasuble leur toile de tente camouflée. Des Panzers dépassent la colonne qui s'écarte sur le bas-côté. Trempés, boueux, transis les grenadiers de la Waffen-SS reprennent la marche.
Vers 6 heures du matin, alors que le jour n'est pas levé, les Panzers approchent de Honsfeld, où ils se mélangent au trafic routier Américain. La surprise des défenseurs du village, qui appartiennent au 14th Cavalry Group et à la 99th Infantry Division, est totale. Ils n'offrent aucune résistance, cherchant plus à fuir qu'à se rendre.Rien que pour le matériel capturé, Peiper compte 50 véhicules de reconnaissance (M.8 et half-tracks, mais surtout Jeeps), 80 camions et une quinzaine de canons antichars.
Une seule compagnie de parachutistes va suivre le Kampfgruppe Peiper vers l'Ouest, avec ses célèbres "diables-verts" entassés dans les véhicules blindés de transport ou accrochés aux tourelles des Panzers, serrés les uns contre les autres pour se tenir un peu plus chaud dans cette matinée glaciale.
Le Kampfgruppe ressemble à une horde en marche...
Peiper reprend l'attaque dans cette direction. La 99th Infantry Division a demandé le soutien de l'aviation, des P-47 interviennent au lever du jour contre le Kampfgruppe. Au moins un Wirbelwind (Flak Panzer) est détruit, sans compter d'autres véhicules non-blindés, mais la Flak riposte et abat au moins deux chasseurs-bombardiers.
Cette attaque aérienne surprend nombre d'unités Américaines, notamment le 291st Engineer Combat Battalion, dont les hommes comprennent soudain que les Allemands se sont enfoncés profondément à l'intérieur des lignes Américaines. Peiper n'est pas le seul, puisque le Kampfgruppe Hansen, qui appartient à la 1.SS Panzer-Division "Leibstandarte Adolf Hitler", progresse sur une route parallèle. Les troupes Américaines, que ce soit le 291st Engineer Combat Battalion ou le 14th Cavalry Group, sont trop peu nombreuses pour tenter de s'opposer efficacement aux Waffen-SS. Ils décrochent en bon ordre.
Tout au long de cette bataille, les Allemands sont handicapés par le manque de carburant. Celui-ci se fait sentir dès le matin du 17 Décembre pour les hommes du Kampfgruppe Peiper. Leur chef décide de dévier de l'itinéraire prévu, pour s'emparer du village de Büllingen, où les Américains disposeraient d'un dépôt d'essence. Le détour est vite accompli et la résistance Américaine minime. 227 000 litres de carburant sont capturés et aussitôt vidés dans les réservoirs des véhicules. Environ une heure plus tard, l'artillerie Américaine ouvre le feu sur le village. Peiper dépêche vers le Nord un petit groupe de combat, qui est vite arrêté par le 644th Tank Destroyer Battalion. Deux Panzer IV sont détruits et les autres font demi-tour.
Ceci n'incite guère Peiper à persévérer dans cette direction, d'autant que ses ordres sont de continuer vers le Sud-Ouest, ce qu'il fait aussitôt. Il veut prendre Ligneuville au plus vite, car il espère y surprendre l'état-major de la 49th AAA Brigade (Anti-Aircraft Artillery). Mais les routes sont dans un état désastreux et l'avance n'est probablement pas assez rapide: Toujours est-il que le Général Timberlake et son état-major ont juste le temps de s'enfuir de Ligneuville, dix minutes avant l'entrée des Panzers dans la bourgade.
A la sortie de Ligneuville, les Panzers se heurtent à deux colonnes blindées Américaines, en route vers Saint-Vith: Le CCR (Combat Command R) de la 7th Armored Division et le CCB (Combat Command B) de la 9th Armored Division. Quelques Sherman de la 9th Armored Division causent du tracas aux Allemands. Sur le pont sur l'Amblève, le Panther de tête du Kampfgruppe est atteint de plein fouet et incendié. Puis le SPW (Schwere Panzerwagen) de Peiper n'échappe à la destruction qu'en réalisant une manoeuvre d'esquive de dernière minute. Un Sdkfz 251 est détruit, puis le Sherman succombe au tir d'autres Panzers.
Sachant que les rivières encaissées sont infranchissables en dehors des ponts, les Américains décident de former des barrages là où ils le peuvent. C'est notamment le cas du 291st Engineer, au niveau du pont sur l'Amblève, juste avant Stavelot. Il installe 13 mines sur la route, qui forme un coude à cet endroit là, et met en batterie une mitrailleuse et un bazooka.
Vers 19h30, alors qu'il fait nuit, une avant-garde du Kampfgruppe Peiper approche du pont. Un Américain leur intime l'ordre de s'arrêter, ce qui est assez curieux. Les Allemands répondent par des coups de feu, mais les Panzers n'essayent pas de bousculer le passage; Il est vrai que les Américains ont riposté au bazooka. En outre, il n'y a aucune possibilité de contourner la position Américaine, car la route est coincée entre une muraille verticale et un précipice. Après un échange bref mais violent, les Allemands se retirent. L'avance du Kampfgruppe Peiper est ainsi bloquée dans la soirée du 17 Décembre. Les Américains, quant à eux, renforcent leurs défenses grâce à l'arrivée du 526th Armored Infantry Battalion et de plusieurs Tank Destroyers du 825th TD Battalion.
Les hommes du SS-Obersturmbannführer Joachim Peiper vont enfin pouvoir souffler. Ils sont épuisés et transis. Ils n'ont pas dormi depuis deux jours et deux nuits. Malgré le froid, ils somnolent dans leurs véhicules blindés.
Stavelot est important pour les deux camps, car un énorme dépôt de carburant se trouve au Nord de la ville...
Cela fait maintenant une semaine, que le SS-Scharführer Meyer a retrouvé la 1.SS Panzer-Division "Leibstandarte Adolf Hitler", son unité d'appartenance, et plus précisément les rangs du Kampfgruppe Peiper. Il revient d'une longue maladie qu'il a attrapé sur le front de l'Est.
Le SS-Scharführer Meyer a rejoint l'équipage d'un Panzer IV Ausf G et a prit le commandement du blindé. Très vite, le personnel s'est rendu compte qu'il avait une pointure à la tête du Panzer. La Croix de Chevalier de la Croix de Fer portée par Oskar en témoigne...Un souvenir du front de l'Est !!!
Fini le temps des approximations, des hésitations, pouvant être fatales lors d'un engagement contre des blindés ou des pièces anti-chars ennemis. Désormais, les manoeuvres étaient précises, réfléchies...
Après ces deux jours d'offensive, les hommes du Kampfgruppe Peiper profitent de cet arrêt inattendu pour se reposer.
Le Panzer IV Ausf G du SS-Scharführer Meyer est posté non loin d'une ferme en ruine, dissimulé dans un sous-bois, en compagnie des trois autres Panzers du 2ème Peloton. Tous les tankistes se sont endormis. La garde de ces quatre mastodontes d'acier a été confiée à une section de SS-Panzergrenadier.
Oskar en a profité pour aller faire un tour dans la ferme. Ayant connu le front de l'Est pendant de longs mois, il est habitué à ne pas dormir durant plusieurs jours...Inutile, donc, de rester dans le Panzer à grelotter de froid. Autant aller se réchauffer à l'extérieur, en allant examiner la vieille demeure. Finalement, la chasse a été bonne...Après 20 minutes de fouille, il a découvert une plaque de chocolat, un paquet de biscuits, une ration de combat Américaine et une délicieuse bouteille d'Armagnac. Le genre de cadeau idéal pour bien se faire intégrer au sein d'un équipage de Panzer...
Oskar porte la tenue noire des tankistes de la Waffen-SS. Les conditions climatiques, particulièrement difficiles sur le front des Ardennes, l'ont obligé à revêtir une seconde veste croisée à camouflage petits pois.
A noter le port, autour du cou, de la Croix de Chevalier de la Croix de Fer. Cette décoration prouve, à elle seule, que le SS-Scharführer Meyer est un vieux "loup" ayant acquis beaucoup d'expérience au combat.
On constate, également, qu'il porte le poignard des "Jeunesses Hitlériennes". Un souvenir de son fils mort, lors d'un bombardement Allié quelque part en Allemagne...
La zone de combat étant toute proche, Oskar a préféré garder avec lui son casque d'écoute et son laryngophone.
Approfondir le sujet avec les sources documentaires:
Militaria Hors-Série n°39 "La Bataille des Ardennes - Le dernier coup de poker Allemand (1)" [Editions Histoire&Collections]
"Les panzers de la Garde Noire" de Jean MABIRE [Editions Presse de la Cité]
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