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Selon le plan de Model, l'Opération Stösser, qui correspond au largage de près de 800 Fallschirmjäger derrière les lignes ennemies, avec à leur tête le célèbre Comte von der Heydte, sera lancée le premier jour de l'offensive Allemande dans les Ardennes.
Une partie d'entre eux devra s'assurer du col et des carrefours du Mont Rigi jusqu'à la relève par les unités de la 6.SS Panzer-Armee de Sepp Dietrich, tandis que le gros de la troupe devra s'emparer des hauteurs situées de chaque côté de Hockay.
Si le mauvais temps interdisait cette opération, elle serait reportée de 24 heures, avec cette fois de nouveaux objectifs: Ou bien prendre intacts les ponts sur la Meuse entre Liège et Huy, ou bien, selon la conjoncture, s'emparer au moment opportun d'importants objectifs situés au Nord-Ouest de la Meuse.
Le but de cette opération est de bloquer l'arrivée des renforts Américains venant du Nord.
Pour cette mission l'Oberst Friedrich August von der Heydte a reçu l'ordre de former un Groupement de Combat (Kampfgruppe) d'environ 800 hommes. Si on ne lui permet pas d'utiliser son propre régiment, le Fallschirmjäger-Regiment.6, c'est afin de ne pas mettre en danger le secret de l'Opération Stösser en déplaçant une unité entière.
Cependant les problèmes vont s'accumuler à un rythme d'enfer. D'abord le commandant du Kampfgruppe ne va réussir, et ce malgré ses efforts, à regrouper que 250 vétérans et être obligés de prendre avec lui des hommes inexpérimentés, dont la grande majorité n'a pas encore effectué son troisième saut, pour arriver à un total de 870 Fallschirmjäger. Pour rappel, ces parachutistes devront sauter de nuit dans une région boisée et enneigée...
De plus, même si l'Oberst von der Heydte peut compter sur de nombreux Junker Ju 52 pour le largage, il ne peut que constater le manque d'entraînement des pilotes et des équipages...
Devant de telles lacunes, il estime ses chances de réussite à plus ou moins 10% !!!
C'est dans la matinée du 15 Décembre 1944 que le Comte reçoit l'ordre indiquant que le parachutage aura bien lieu le lendemain entre 04h30 et 05h00 du matin.
Malheureusement dans la nuit du 15 au 16, une partie des camions transportant les Fallschirmjäger n'arrive pas aux aérodromes. A 04h00 du matin, seule une moitié des célèbres "diables-verts" est présente, et prête à embarquer dans les avions de transport...Devant un tel retard von der Heydte pense que l'opération va être annulée et s'en réjouit, car la préparation laisse franchement à désirer. Mais la mission est juste reportée au lendemain...
Finalement l'ensemble des Fallschirmjäger est rassemblé le 17 Décembre 1944 à Padernborn et Lippspring vers 23 heures. Les Junkers Ju 52, "les bonnes à tout faire" de la Luftwaffe, peuvent donc décoller.
Lorsque les avions prennent leur envol, le vent est plus fort que prévu et les Junkers Ju 52 avancent trop lentement. Comme beaucoup de chefs sont novices, ils ne prennent pas en compte ce retard et font sauter leurs hommes à l'heure dite. C'est ainsi que 200 hommes se retrouvent ainsi dans la région de Bonn, loin des Ardennes !
La plupart des sauts s'échelonnent sur une profondeur de 60 kilomètres, ce qui représente évidemment un espace énorme. En fait, seule le première vague, guidée par des fusées de signalisation, a réussi à rester groupée.
Sur 870 parachutistes, 200 ont sauté près du Rhin, 220 autres sont échelonnés entre Bonn et les lignes Allemandes et 450 se posent dans le Hohes Venn, avec seulement une centaine d'hommes dans la zone prévue...
Trois heures plus tard, ils ne sont que 150, disposant pour toute arme lourde d'un seul mortier...Dans ces conditions, le Comte von der Heydte envoie ses troupes effectuer des reconnaissances dans le secteur, sans chercher à combattre l'ennemi. En fin de journée, il dispose de rapports suffisants pour savoir où se trouvent les principales positions Américaines, mais ne peut communiquer ces renseignements, car toutes les radios ont été détruites à l'atterrissage. Quand aux pigeons voyageurs, ils ne sont pas là...
Impossible donc de prévenir la 6.SS Panzer-Armee de Sepp Dietrich et de demander des tirs d'artillerie sur des points clés de l'adversaire.
L'Opération Stösser ne sert donc à rien et les Fallschirmjäger ne seront pas rejoints par les troupes terrestres.
Faute d'armes lourdes, de munitions et de vivres, l'Oberst Friedrich August von der Heydte n'a aucune possibilité de combattre longtemps. La dispersion commence le 20 Décembre 1944 dans l'aprés-midi...
Cela fait maintenant plusieurs heures que l'Oberleutnant Werner tente de rejoindre désespérement, avec les quelques rescapés de son groupe de combat, les lignes Allemandes.
Le largage de son stick de Fallschirmjäger fut un véritable fiasco...
En effet, après le décollage des Junker Ju 52, les avions de transport furent vite pris sous les tirs nourris des DCA Américaines. Ce qui entraîna un parachutage quelque peu...précipité...
Arrivés au sol, les diables-verts de Werner se rendirent vite compte qu'ils n'étaient absolument pas à l'endroit prévu...Malheureusement, la petite formation avait déjà perdu la moitié de son effectif. Ceci étant dû à une dispersion trop importante lors du parachutage.
Aprés avoir dissimulé ces hommes sous des taillis recouverts de givre, Heinrich, décida d'attendre deux heures afin de, peut-être, récupérer quelques parachutistes égarés.
A 08h00 le groupe de combat avait deux hommes de plus...Une bien maigre récompense...
C'est alors que l'Oberleutnant Werner, voyant qu'il ne pourrait jamais mener à bien sa mission, décida de rejoindre les lignes Allemandes sans perdre un instant.
Aprés s'être rapidement orienté, l'officier prit la tête de la colonne et imposa son rythme de marche. Mais très vite les problèmes arrivèrent sous la forme d'un poste avancé Américain fortement armé.
Souhaitant l'éviter, puisque les consignes étaient de ne pas chercher le contact avec les forces ennemies, les Fallschirmjäger tentèrent de le contourner. A peine la colonne de l'Oberleutnant commença à déborder la position, qu'elle tomba nez-à-nez avec une patrouille de reconnaissance Américaine de retour de mission. Sans perdre une seconde, les GI's ouvrirent le feu. Deux parachutistes s'écroulèrent, fauchés par les projectiles ennemis. Les Allemands tentèrent de s'échapper de cette fusillade, mais ce fut en vain. Le poste avancé, alerté par les coups de feu, envoya de nombreux renforts, prenant à revers les Fallschirmjäger.
Sentant qu'ils ne pourraient jamais retourner dans leur propre camp, les diables-verts décidèrent de se battre, et montrer à ces maudits GI's qu'ils faisaient toujours partis d'une troupe d'élite parmi les forces armées du IIIe Reich...
Certes, ils ne reverraient jamais leur Allemagne natale, mais ils allaient chèrement vendre leurs peaux...
Pour cette opération, l'Oberleutnant Werner s'est chaudement vêtu. Il porte un manteau long feldgrau de la Luftwaffe, sur lequel il a passé une blouse à camouflage éclats "bords flous". Les conditions météorologiques étant excécrables, notre homme est, également, porteur de gants en laine feldgrau et d'un tour de cou.
Sachant que cette mission serait difficile, il s'est armé en conséquence: Pistolet-mitrailleur MP.38, pistolet Lüger P.08, grenade à manche (Stielhandgranate 24), poignard de combat.
Dès son arrivée au sol, Heinrich a accroché son casque M.1938 à son brelâge et a coiffé sa casquette d'officier (Fliegermütze). Les hommes doivent savoir qui est le commandant...Mais gare aux tireurs d'élite ennemis !!!
Approfondir le sujet avec les sources documentaires:
Militaria Hors-Série n°39 "La bataille des Ardennes - Le dernier coup de poker Allemand (1)" [Editions Histoire&Collections]
Men-at-Arms n°139 "German airborne troops 1939-45" [Editions Osprey]
La Gazette des Uniformes Hors-Série n°18 "La bataille des Ardennes 1944/1945" [Editions Régi-Arm]
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